Climat social dégradé : pourquoi l’intelligence émotionnelle du manager fait la différence
Un climat social dégradé n’arrive pas toujours “brutalement”.
Il s’annonce par une somme de signaux : tensions, irritabilité, silences en réunion, baisse d’entraide, fatigue collective… et, à la fin, une démotivation qui coûte cher ! En France, le Baromètre T14 Empreinte Humaine x OpinionWay (mars 2025) indique que 45% des salariés se disent en détresse psychologique, 31% en risque de burn-out, et 70% lient leur mal-être au travail.
Pour les DRH et dirigeants, l’enjeu est donc double : protéger la santé des équipes et sécuriser la performance (qualité, engagement, continuité, attractivité). D’autant que l’impact se voit aussi côté organisation : le Baromètre de l’Absentéisme et de l’Engagement (Ayming, 2025) rapporte 23,3 jours d’absence en moyenne en 2024.
Dans cette équation, le manager est déterminant, car il est le point de contact le plus fréquent entre l’organisation et le terrain. C’est aussi pour cela que l’intelligence émotionnelle du manager devient un levier concret : calmer les tempêtes sans casser l’élan, remettre du cadre sans envenimer, restaurer la coopération quand la pression monte.
SOMMAIRE
- Climat social dégradé : comprendre les signaux et les impacts
- Pourquoi le manager est au cœur de l’équation ?
- Intelligence émotionnelle du manager : de quoi parle-t-on vraiment ?
- Comment l’intelligence émotionnelle du manager agit sur le climat social
- Un levier clé de prévention des RPS et de la QVCT
Le climat social correspond à la perception de l’ambiance de travail : confiance, justice perçue, clarté, reconnaissance, qualité des relations, capacité à se dire les choses. Il ne se résume pas à l’absence de conflit : on peut avoir une façade calme et un malaise profond.
Les signaux faibles reviennent souvent : non-dits, retrait, cynisme, micro-conflits, rumeurs, baisse d’initiative, réponses minimalistes, tensions entre services, décisions contestées ou évitées. Quand ces signaux s’installent, les impacts se cumulent. Côté humain : stress chronique, fatigue émotionnelle, perte de sens, isolement, parfois épuisement. Côté business : baisse de qualité, erreurs, absentéisme, turn-over, difficultés de recrutement, image employeur fragilisée.
Et plus le climat se dégrade, plus la moindre contrariété devient inflammable : on réagit moins au problème qu’au contexte émotionnel dans lequel il survient.
2 - Pourquoi le manager est au cœur de l’équation ?
Le manager transforme la stratégie en réalité : priorités, arbitrages, coordination, feedback, reconnaissance, recadrage. En période tendue, il devient aussi le premier réceptacle des émotions du terrain (inquiétude, frustration, colère, lassitude) et doit les traiter sans perdre le cadre.
Il existe un effet miroir : les équipes réagissent autant au contenu qu’à la manière dont c’est porté. Un manager stressé, flou ou défensif peut amplifier les tensions ; un manager stable et clair, même dans l’incertitude, agit comme un point d’ancrage.
C’est pourquoi les dispositifs RH (enquêtes, chartes, process, QVCT) restent insuffisants sans posture managériale cohérente. Le climat social se joue dans les micro-interactions quotidiennes : un mot, un ton, une réunion, une décision expliquée (ou pas), un feedback bien formulé.
3 - Intelligence émotionnelle du manager : de quoi parle-t-on vraiment ?
L’intelligence émotionnelle, appliquée au management, c’est la capacité à repérer ce qui se passe émotionnellement (chez soi et chez les autres), à comprendre ce que cela signale (besoins, limites, motivations), puis à agir de façon utile : communiquer, arbitrer, recadrer, rassurer, décider, tout en préservant la relation.
Elle ne doit pas se confondre avec la gentillesse ! L’empathie, elle, aide à comprendre l’autre, tandis que la bienveillance pose une intention respectueuse, mais l’intelligence émotionnelle consiste à tenir l’humain et le cadre : écouter sans se dissoudre, recadrer sans humilier, protéger sans infantiliser, rassurer sans promettre l’impossible.
Dans un climat social fragilisé, ce n’est pas un “soft skill” optionnel. Les émotions influencent la coopération, la prise de décision, l’engagement et la capacité à tenir dans la durée : elles deviennent un facteur de performance durable.
Quand la pression monte, l’intelligence émotionnelle se traduit par des comportements simples, mais structurants.
Réguler les tensions
Plutôt que de laisser l’escalade s’installer, le manager repère les signaux (agacement, crispation, attaques, retrait) et met de la régulation : ralentir, revenir aux faits, nommer ce qu’il observe sans accuser (“je sens de la tension”), puis rouvrir un échange constructif. Cette capacité à désamorcer protège l’équipe des conflits destructeurs.
Adapter sa communication
Dans l’incertitude, les équipes interprètent. Un manager émotionnellement intelligent clarifie : ce qui est décidé, ce qui ne l’est pas, ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas encore, et les prochaines étapes. Il peut reconnaître l’impact (“je comprends que ça inquiète”) tout en restant factuel. Résultat : moins de rumeurs, plus de confiance, une énergie mieux orientée.
Faire du feedback un outil de progrès
Dans un climat tendu, un recadrage mal formulé devient anxiogène. Le manager sépare la personne du comportement, décrit l’impact, écoute, puis pose une attente claire. Il reste exigeant, sans dureté ni ironie. À la clé : moins de défensive, plus d’apprentissage, et une culture de responsabilité.
Créer de la sécurité psychologique
Quand on peut poser une question, exprimer un désaccord, signaler un problème ou admettre une erreur sans être humilié, les tensions sortent tôt et se traitent mieux. Cela se construit par l’écoute active, la reconnaissance, l’accueil des désaccords et l’exemplarité (assumer ses erreurs, montrer comment on apprend).
Stabiliser en période d’incertitude
Le manager pose des repères (priorités, rituels, règles de fonctionnement), évite les injonctions contradictoires, ajuste la charge quand c’est possible, et prend régulièrement la température de l’équipe. Il repère tôt les signaux d’alerte (isolement, irritabilité, désengagement) et mobilise les bons relais avant la rupture.
5 - Un levier clé de prévention des RPS et de la QVCT
La prévention des RPS ne dépend pas seulement de la charge de travail. Elle dépend aussi du flou, du manque de reconnaissance, des conflits non traités, de l’injustice perçue, ou encore d’un management imprévisible. L’intelligence émotionnelle agit directement sur ces facteurs : elle sécurise les échanges, améliore la régulation des tensions et facilite une parole plus saine sur le travail réel.
C’est pourquoi elle s’inscrit naturellement dans une démarche QVCT : qualité des relations, qualité du travail, coopération, engagement, prévention. Mais elle ne repose pas uniquement sur la “bonne volonté” individuelle : elle se développe et se soutient dans la durée. Les dispositifs les plus efficaces combinent des apports concrets et entraînants (écoute, feedback, régulation), des mises en situation et un accompagnement dans la vraie vie.
Conclusion
Un climat social dégradé est un sujet de santé, de coopération et de performance durable. Les actions RH sont essentielles, mais la différence se joue souvent dans le quotidien : là où le manager est en première ligne.
L’intelligence émotionnelle du manager ne supprime pas les tensions ; elle les transforme en discussions utiles, remet du cadre sans casser la relation et renforce la confiance. Dans un contexte instable, c’est l’un des leviers les plus fiables pour reconstruire un climat social plus sain, plus stable, et durablement performant.
C’est précisément l’approche d’ilyCoach, qui propose plusieurs formats complémentaires pour ancrer cette compétence : ateliers interactifs, formations, consultations individuelles (coaching), conférences / talk show et team building cohésion, le tout au service d’un cadre managérial plus clair, plus stable et durablement favorable à la performance.
